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C’est fou comme ça vrille des turbines lorsque ça-on-il-ou-elle s’allonge pépère sur l’axe des merveilles - un lieu-vrai, liant, libéré des rêves - un lieu d’éveil où le regard voit, c’est-à-dire traverse, où il s’élève comme un orchestridé violet.

Alors ça tambourine en vision plate.
Alors ça décape comme une course vive.
Alors ça s’étale dans les rises d’une voile.

Ça-on-il-ou-elle,
Est-ce qu’on l’appelle ?
Salut-hello-holà
Est-ce que t’es là ?

Oui :

Elle est là, liante.
Ou îl(e), fait d’océan.

Ça veut dire quoi, ça ?
Personne ne sait.
Et personne, même,
N’esquisse savoir.

Alors cette chose - quoi d’autre ? - se frotte les yeux et ses mains glissent comme savon s’enfuit. L’oreille à l’affût, décollée d’un crâne souple, l’oreille échappée gravissant un étal de soufflage, un cirque-de-sons sans indice d’âges - juste cette oreille en éclaireur, jeune,
jouave.

Non, joueuse.
Joueuse comme :
Un tri-son
Typhonnant
L’auriculobe.

Aïe : une blessure prof-onde !
Une blessusurre à l’oreille et
Tombe vierge dans un conduit,
Ou peut-être un tube de forme

Oblique.

Et cette question, profonde elle aussi :

Qui-est-ce, -ça-on-il-ou-elle ?
Et ce son qui la traverse ?

Simple :
Son chemin de croasse.
Sa route de la soif.
Ses itinerrances.
Son identi-danse…

Et ses mouvements

Une nouvelle danse ?
Ou une simple naissance ?

Nan, nan.
Déjà née,
Ça-on-il-ou-elle,
Déjà née !

Née dans le sang-son-sans-sible.
Alors un truc sensible ?
C’est ça, c’est ça.

Et sentez-vous larsens
Jouir sur vous ?
Comme si vous étiez cette cible ?

Peut-être.

Et née où, cette... chose ?

Eh bien…
Dans le (m)-onde !

Tout à coup, ça-on-il-ou-elle s’arme d’un coutelas élastique, coupe la parolière et fuit par la fenêtre de l’étagère dans un grand bruisque. Elle s’étend au solaire et sent cette chaleur madrugadière : cette chaleur est une chape de sons, cette chaleur s’aventure, s’échappe.

Alors ça-on-il-ou-elle, sa larme au sol,
S’alarme en soi, comme un dard de lave,
Et s’affale, flasque, sur l’asphalte :

Alors, s’exclame :

Terrien.ne.s !
Il y a tout un (m)-onde à sonoriser !
Ne traînons pas !
Élans-sons-nous !
Et riondes, riondes !
La-Terre-est-rires,
La-Terre-est-sons,
La-Terre-est-(m)-ondes !



texte : RAOUL TAREZ
visuel : DANIELA CASTRILLON