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MAUREEN BEGUIN GREAT TEACHER MAUREEN











"My soul is impatient with itself, as with a bothersome child; its restlessness keeps growing and is forever the same. Everything interests me, but nothing holds me. I attend to everything, dreaming all the while. I'm two, and both keep their distance — Siamese twins that aren't attached."
Le Livre de l'Intranquilité,
Fernando Pessoah




Maureen est l'univers qui s'expérimente lui-même, l'univers jouant avec son infinie matière propre, l'univers intégral prétendant être un seul individu - puis tous les individus à la fois.

Maureen, ou vous, ou toi, ou n'importe qui ; tous ces amas d'énergie pure qui s'agitent dans la puissance du néant forment un ensemble.

Cet ensemble se dresse, fait opposition aux injonctions technocratiques, à la violence sanitaire d'un état sans visage, organise son jeu sur le champ de bataille.

Cet ensemble en lutte, qui parfois éclate en millions d'atomes, parfois se reforme en bloc de densité abstraite, imparfaite, est en forme de permanente et joyeuse agitation.




Tu peux te présenter ?
Je m’appelle Maureen Beguin, je suis moitié française, moitié irlandaise. Déjà dans mon nom il y a ces deux choses-là : Maureen c’est un prénom très irlandais, Beguin c’est un nom très français. Je suis cis, je suis blanche, je suis queer, je n’ai aucun handicap. Ça c’est un peu « who I am » je crois.

Je viens d’un milieu très artistique et j’ai fais des études dites 'supérieures'. J’ai eu la chance d’avoir accès très jeune à des pratiques artistiques et j’ai commencé très tôt avec mes deux premier amours : la musique et le théâtre.

Au début mon truc c’était la mise en scène et aussi le dessin. Je voulais intégrer une école de théâtre en Angleterre, puis j’ai tenté les Arts Décoratifs un peu comme ça.

J’avais présenté pas mal de choses qui existaient surtout au travers du théâtre et de la musique : des petites vidéos, un opéra que j’avais fait avec un pote… Et du coup ils m’ont un peu prise pour ça - ils ont du se dire, « le profil est assez bizarre » (rires). À partir de là je me suis dirigée vers la scénographie car le théâtre était déjà vachement présent dans ma pratique.

Je me mettais tout le temps en scène car c’est ce que j’avais l’habitude de faire : être sur scène. Arrivée dans le secteur scénographie, j’ai été assez déçue finalement, c’était hyper convenu, rien n’était ancré dans le réel.


Quel a été ton premier projet ?
Mon premier projet - que j’avais absolument adoré d’ailleurs - ça a été d’utiliser tous les ateliers de l’école. Je voulais faire mes costumes, construire l’espace ; j’avais écrit toute une fiction et le son qui va avec… j’avais même mis des lumières dans la cour pour présenter ma pièce et au final - je m’en suis pris plein la gueule.

Pour mes professeurs c’était trop absurde… j’avais mis du maquillage blanc, j’étais un magicien russe. Y avait qu’une seule prof qui m’a dit à ce moment là qu’elle « avait jamais vu ça, et que même si c’était le bordel il y avait quelque chose à garder. »

Moi j’avais toujours été dans l’expérimentation, c’était comme ça : tu prends plein de trucs et tu te démerdes, c’est le bordel, c’est le cirque, c’est une sorte de scénographie totale.

Ce que j’aime avec la scénographie c’est que pour moi elle existe déjà quand tu rentres dans un espace. Le but du scénographe, c’est pas de tout recouvrir, mais de trouver l’équilibre en écoutant l’espace, et en trouvant ce dont il a besoin.

Pour moi tout est au même niveau dans une performance, ou même au théâtre. L’espace compte autant que la lumière, que le texte et que le corps qui va dedans.

Quand je crée une performance, je pense à tous ces éléments en même temps - et aux endroits spécifiques où on m’invite.


Comment est-ce que tu composes tes performances ?
Souvent quand je dois performer, je crée un personnage pour le lieu. J’y rentre, je l’observe, puis je me demande où est-ce que je veux amener le public.

Ma question c’est, comment je rapproche l’endroit du spectateur pour créer un corps-à-corps ? Car pour moi l’espace, c’est un corps et son intérieur. Comment je fais en sorte que les personnes en présence puissent, soit en prendre soin, soit le comprendre ; comme on peut prendre soin de son propre corps et le comprendre. C’est un double travail.

J’aime cette fine limite entre emmener le public à travailler sur soi-même et aussi sur le lieu. J’aime bien créer un lien direct avec les gens ; souvent je leur offre des trucs, des Tic Tac par exemple. Et je leur fait toujours croire qu’en prenant ce truc-là c’est une sorte de lien qui nous connecte, et qu’ils prennent une pilule qui est moi.

Donc ils voient à travers mon regard et ils vont suivre ma voix. J’essaye de les mettre dans une situation où ils sortent de leur corps.

Ce qui m’intéresse c’est la possibilité de créer un imaginaire collectif. Un groupe qui évolue vraiment ensemble grâce au même vocabulaire. C’est aussi une sorte de rituel qui permet de rendre lisible et compréhensible une œuvre par les sens.

Pour moi l’art c’est devenu trop intellectuel - on se raconte des histoires qui ont trop de codes avec un langage incompréhensible.

J’ai toujours eu envie de retrouver quelque chose de plus instinctif, par le toucher, l’écoute profonde, le regard, parce que l’intellectuel peut tuer l’art, alors que si on reste dans les sens on revient à cet instinct un peu animal du corps, qui lui est honnête tout le temps.

Comment revenir à l’honnêteté du regard sur les choses, et comment on se laisse prendre par des émotions dans un monde qui est très froid vis-à-vis de l’émotion.


Est-ce que dans ce sens, ta pratique du corps, des corps, elle pourrait être qualifiée comme militante ?
Oui. Je fais pas de la performance juste pour faire de la performance... quand je suis invitée quelque part il faut que le sujet me touche, et j’ai toujours cette envie de transmettre une histoire ou un apprentissage.

Mon travail est intimement lié à la pédagogie, mes deux parents sont profs et moi je le suis aussi. J’ai découvert qu’en apprenant des choses aux autres il y a un retour qui se crée automatiquement - les gens sont fascinés de re-découvrir leurs corps.

On a comme des énigmes qui sont en nous-mêmes, et j’aime bien apprendre et découvrir pour ensuite transmettre toutes ces choses comme des messages. Pour moi c’est militer.




Tout ce qu'elle fait est plein de sens, car tout ce qu'elle fait ajoute du sens à la vie des autres. En entrant dans l'espace temps de leurs jours, leurs idées, leurs langages, tout ce qu'elle fait deviens ce que nous faisons ensemble.

Tout ce que nous faisons ensemble est important, tout ce qui approche entre elles nos pensées liées par ce que nous fabriquons les uns dans les autres, à l'intérieur des autres, par et pour et avec les autres, tout ce qui articule et fédère la possibilité d'un futur, non violent, non admis, non inhumain, tout ceci est plein de sens, ajoute du sens à tout.




Cette pédagogie qui est au coeur de ton travail, comment tu l’envisages ?
Ce que j’aime c’est créer des déclencheurs. Il y a plein d’exercices et de règles du jeu pour mettre en place des terrains favorables à l’éducation qui ont déjà été écrits et conceptualisés, et moi j’essaye de récupérer tout ça. Mon but c’est qu’on puisse apprendre dans un contexte bienveillant qui soit ouvert à toustes, avec une sensation d’écoute et d’égalité. J’essaye de faire des choses pour le monde dans lequel j’aimerais vivre.

On est dans une réelle crise, et pour moi le seul moyen de pouvoir changer des choses c’est par l’éducation, parce que l‘éducation est à la base de tout. Je sais que c’est un peu niais dit comme ça, et on me dit souvent, tout est fini, tout est pourri mais je suis quelqu’un de bornée et optimiste.

De toutes manières je suis trop privilégiée pour pouvoir me plaindre et je vais être super optimiste, car pour moi la bienveillance appelle la bienveillance, comme la colère appelle la colère. Mon seul but c’est de donner cet amour et cette bienveillance et ça marche en fait, c’est une recette magique.

D’ailleurs je commence toujours mes cours par une question pour inviter mes élèves à déconstruire puis reconstruire quelque chose ensemble - c’est vraiment un travail permanent.

Rien que l’histoire de l’art qu’on nous demande d’apprendre, elle est remplie de misogynie et de sexisme, donc je fais des disclaimer pour dire : « attention là je vais parler d’un gros con, je suis obligée de vous en parler parce que ça a eu un impact » puis je vais essayer de faire des ponts avec des choses qui se font aujourd’hui, et toujours laisser des questions ouvertes.


Est-ce que, comme dans ton travail artistique, tu utilises aussi un personnage quand tu es professeure ?
Bien sûr ! Être professeure c’est aussi se mettre en scène. Dans tous les cas, à partir du moment où tu enseignes, tu endosses un personnage. Mon but c’est d’endosser un personnage qui ne soit ni pédant, ni sérieux, mais qui soit juste plein d’énergie car je suis passionnée par les arts. J’essaye aussi d’être très honnête et de leur faire part de mes doutes.

Quoi qu’il arrive je suis persuadée qu’on est tout le temps un personnage.

Par exemple, j’ai toujours beaucoup utilisé le maquillage comme moyen de questionner les normes et la beauté qu’on nous impose. Je portais un gros trait rouge sous les yeux pendant hyper longtemps, et à l’époque tout le monde trouvait ça trop bizarre - aujourd’hui ça le serait un peu moins. Et en fait je me faisais beaucoup moins draguer c’était génial (rires).

Incarner un personnage, c’est quelque chose qui existe depuis que je suis petite. C’est sur scène que je me suis rendue compte que je pouvais être moi-même. J’ai toujours été hypersensible et timide, je pleurais beaucoup, alors que sur scène je pouvais être n’importe qui ; cette sensibilité devenait un atout.

J’ai beaucoup joué des personnages de mecs, de vieilles dames, et j’aimais trop. On se met toujours un peu dans un personnage quand on est dans une situation maudite, et le théâtre m’a sauvé de pleins de situations car il m'a appris comment réagir.


Tu peux nous parler de Maureen Morin ?
Maureen Morin à la base c’est parti d’un très gros délire, avec des copains. Morin c’est un mec un peu bg qui veut aller aux Arts Déco en design objet, puis j’incarnais parfois le personnage de Maureen qui voulait aller aux Beaux-Arts...

Toutes ces déclinaisons me permettaient de prendre de la distance avec mon travail et ça m’amusait beaucoup. Puis j’ai commencé à en faire un vrai personnage pour un projet autour de la santé mentale et des écrans. Maureen Morin c’était moi, mais si j’avais fais des choix différents dans la vie.

Par exemple, moi si mes parents avaient décidé de m’élever en Irlande, ou moi si j’avais décidé de faire du journalisme. Pour moi c’est juste des copies, elles ne peuvent pas exister très longtemps et elles n’ont pas vraiment de vie en dehors des performances. Il y a Maureen Beguin et toutes les Maureen Morin.

Ça m’aide vachement d’avoir ces copies de moi, Maureen qui va à la banque c’est toujours Maureen Morin par exemple (rires). Ça me permet de m'éloigner de moi-même et de m’extraire de moi. C’est une bonne méthode pour dissimuler sa timidité. Maureen Morin ça a commencé avec des vestes, des coiffures, du maquillage - puis j’ai découvert les perruques.

Il y a la Morin performeuse, qui est devenue un personnage assez récurrent ; elle est vraiment empruntée de moi, mais c’est une autre, et ça me protège en quelque sorte. Ça me permet de garder une vie privée : c’est aussi très important la notion du privé quand tu fais de la performance dans des situations où beaucoup de gens te regardent de très près et t’écoutent pendant longtemps…

Du coup, d’endosser un costume et de le retirer, ça enlève le regard qu’il y a eu dessus. On a tous nos rituels d’entrée et de sortie du jeu ; un des miens c’est de me laver pour repartir à zéro.


Tu travailles souvent avec d’autres gens. Quelle importance ça a pour toi ?
Je trouve qu’on est plus forts ensemble dans une société où on nous individualise beaucoup. J’ai toujours été dans un groupe, groupe de musique, groupe de théâtre… et c’est là que je me suis sentie super bien. C’est des espaces où tu es libre d’être toi-même, et à la fois tu te sens soutenue.

Il y a rien de plus intéressant que de commencer un débat ou une discussion avec l’autre pour créer d’autres images. L’art c’est la connexion, c’est une des raisons pour lesquelles je travaille vachement en duo.

C’est un peu le moment où tu prends deux noyaux et tu essayes de voir ce qui arrive quand l’un se reflète sur l’autre - et inversement. Souvent je travaille avec des artistes qui pensent pas du tout comme moi, et j’aime bien entrer dans leur chaos.

Le duo c’est le début de la conversation : on peut plus créer seul, ça n’existe pas et ça n’a jamais existé. Le seul moment où je crée seule, c’est par l’écriture, mais cette écriture elle me permet juste de faire des aller-retours entre la solitude et le groupe.

Si t’es tout le temps en groupe tu crèves, si t’es tout le temps à deux tu peux pas faire vivre les deux noyaux. L’égo est dans le noyau, donc des fois tu as besoin d’aller te ressourcer et savoir qui tu es. Les rapports de force entre deux humains existent toujours - donc il faut faire attention à cet équilibre et être attentive au vocabulaire et aux codes de l’autre.


Un peu comme dans ton travail avec Morgane le Doze ?
Oui exactement. On traite beaucoup de ça avec Morgane : comment trouver l’endroit où on est en symbiose ?

Ce qui m’intéresse le plus là-dedans, c’est toutes les méthodologies ou pratiques à développer pour pouvoir travailler ensemble. Tous ces petits déclencheurs qui font que tu arrives à avoir un vocabulaire et un espace commun pour créer des fictions qui restent fluides et ouvertes à tout.

Y a plein d’écrits sur comment travailler, et c’est vachement niche parce que tout le monde s’en fout, alors que pour moi c’est trop important. Le monde du travail c’est un monde très complexe et vraiment très passionnant.

Il y a un concept qui s’appelle « perform the research », c’est à dire comment tu mets ta recherche en performance. Et c’est l’un des grand enjeux du 21ème siècle que j’ai très vite intégré dans mon travail ; c’est-à-dire que j’apprend quelque chose à travers la performance, donc je performe la recherche.




Il est important d'admettre que nous ne sommes pas assez puissants seuls, et que tout ce que nous faisons est pour les autres, puisqu'il n'y a que les autres. Il faut regarder les autres et considérer qu'ils sont soi. Il faut faire tout pour les autres, qui sont le reflet de soi, qui sont soi. Il faut faire tout pour soi, en considération des autres - cela signifie que je m'aime et que j'aime les autres.



Est ce qu’il y a quelqu’un ou quelque chose qui t’inspire particulièrement ?
Pour moi ce sera toujours Thomas Hirschhorn. C’est un gars qui connecte philosophie, art et société. Ce que j’adore c’est qu’il fait des projets de A à Z où il construit des espaces pour que les gens puissent y prendre part et y créer des événements. Il engage localement pour construire le lieu puis tout le monde s’en empare. Son point de vue, c’est juste que tout le monde puisse y faire ce qu’il veut et que les œuvres appartiennent complètement au spectateur.

Il a fait un musée à Aubervilliers qui s’appelait le musée précaire Albinet, où il a ramené toutes ses œuvres préférées du centre Pompidou. Il a envoyé des habitants du quartier se faire former à la Tate à Londres pour savoir comment prendre soin des œuvres. Tout était local et ça a duré 1 mois, c’était génial.

Je trouve aussi qu’il a de super règles de travail ensemble : il va se mettre à 100% dans le projet, et le but c’est que les gens soient à 100% avec lui aussi. Son travail ça a été une vraie révélation pour moi, il parle du courage d’être un artiste et il est très engagé politiquement dans ce qu’il fait.

Sinon en ce moment je lis No School Manifesto, c’est un manifeste radical qui repense l’éducation et la pédagogie avec des témoignages de professeurs et d’élèves. Quand les musées ont fermé j’essayais de trouver l’art à travers les bouquins, et j’ai toujours rêvé de performer des livres pour les montrer vraiment au plus large public.

Et il y a aussi un site que j’aime bien c’est Intersections of Care. En gros c’est une compilation de collectifs qui créent des méthodes pour pouvoir travailler ensemble, inspirées par diverses formes d’activisme. Ils te donnent des protocoles pour créer dans des situations qui sont ouvertes à toustes. C’est un des derniers trucs que j’ai trouvé trop beau et qui m’a fait plaisir.


Si tu pouvais vivre dans le corps de quelqu’un pendant une journée ?
C’est super random mais je dirais Alexandria Ocasio-Cortez juste pour voir un peu sa vie.

Mais en fait j’arrive pas a répondre à cette question car pour moi ça n’a pas de sens d’être dans le corps de quelqu’un. C’est impossible d’être dans le corps de quelqu’un. Et c’est drôle car j’avais plein de potes qui me disaient ; j’aimerais trop changer mon corps pour être cette meuf… mais moi je me disais, tu n’existerais plus, tu serais morte en fait.

Le corps c’est pas une métaphore, je pourrais pas m’imaginer dans le corps de quelqu’un d’autre, ça veut dire que je serai morte - et ça me ferait bader.


Si tu devais te réincarner en un objet ?
C’est drôle on m’avait posé la même question au recrutement Franprix (rires). Je pense que je serai un beau caillou.

Dans tous les cas un objet qui se manipule, pas seulement quelque chose de décoratif. D’ailleurs je préfère qu’on m’offre un caillou plutôt que des fleurs.


Des chansons que t’écoute en boucle ?
La version accapella de It’s a fine day, elle marche bien avec nos années de confinement : « it’s a fine day people, open window... look at the sky » (rires).

Sinon Nils Frahm, que j’écoute autant pour travailler que pour danser, puis James Blake.

Le mot de la fin ?
Amour.






© MMMH Performance avec le Mmmh Group (Maureen Béguin et Morgane Le Doze) à la Vilnius Art Fair, Galerie Nivet Carzon, 2021 (crédit photo : Yves Bartlett)




© SKIN2050, solo performance + vidéo par Maureen Beguin, 2021



© TO TRIGGER THE COLLECTIVE IMAGINARY, vidéo + carte pédagogique par Maureen Beguin, 2021



© Mélancolie Furieuse de l'Enfer, par le Temporary Wizard Group, performance collective avec Maureen Beguin, 2021



© Mmmh corporation, performance avec le Mmmh group (Maureen Béguin et Morgane Le Doze), 2018





SUPER, vidéo, avec Juline Darde Gervais, 2021



Le seul moment où je crée seule, c’est par l’écriture, mais cette écriture elle me permet juste de faire des aller-retours entre la solitude et le groupe.


TEXTE : OTTO
PHOTOS : ZOÉ
GRAPHISME : GATA